يَا عَالَمْ فِيك القتال له جَايْزَة
وفيك الحگرة فَايْزَة
ومن كل ماضي أحكام
فيك ليام من لَحْزَانْ حَايزة
كَ لَبْحُورْ دموع الصبيان دايزة
ارواحهم سارت لله
عاشت وفنات ف الظلام يا عالم
فيك يتعلمو لَحْسَانْة
بْلاَ مُوسْ . . بْلا َمَا فْ رْيُوسْ لْيْتـَامَى . . .
وشلى كلام يا عالم
* * * *
الدنيــــــا سكتـــــــــات لَعْدَا دَارْت ْمَا بْغـَــــــاتْ
الدنيــــــا سكتـــــــــات الصهيون دارت ما بغات
فْ صْبـْـــرَا وُشَاتِيــــلاَ المجـــــزرة الكبــيــــرة
اطفــــــــال تذبحــــــات شيـــــوخ و عيــــالات
* * * *
السوايــــع وقفـــــــات لــــــرواح تحصـــرات
السوايــــع وقفـــــــات لَكْتـُــــــوبْ تْـنْهـْبــَـات
صبرا و شاتيلا شجرة القتيلة
كلمات الاغنية الجميلة جدا مع الترجمة الكاملة اسفله
يا عالم فيك للقتال (صيغة مبالغة لقاتل) جائزة
و فيك الاحتقار هو السمة الفائزة
و من كل ماضي احكام
و فيك للايام نصيب من الاحزان
كما البحار هي دموع الاطفال
ارواحهم مضت لله
عاشت و قضت في الظلام
يا عالم ...
فيك يتعلمون الحلاقة
بدون موسى
في رؤوس الايتام
و كلام شتى يا عالم
*****
صمتت الدنيا و طغى العدو
خيم على الدنيا السكون
فالصهاينة عملوا ما رغبوا به
صبرا و شاتيلا المجزرة الكبيرة
ذبح الاطفال
و الشيوخ و النساء
*****
و توقفت الساعات ( عن الدوران)
و ازهقت الارواح
و مهد للكذب
توقفت الساعات
و نهبت الكتب
صبرا و شاتيلا
شجرة القتل
جبالا و وديانا
منازل و غابات
-
-
Respect ..
Au fil des années .. et surtout au fil des mensonges occidentaux .. tels que « démocratie » « droits de l’Homme » « we are the world » etc .. une bonne partie de notre identité s’évanouit .. voire même se meurt .. nous sommes devenus des « ni orientaux ni occidentaux » .. et nous sommes imbibés d’un sentiment de mépris de notre arabisme et notre islam .. souvent à notre insu ..
Et c’est uniquement une minorité d’entre nous .. qui a la chance .. voire même le courage d’aller savoir la réalité .. qui arrive à prendre conscience de tout ce qui se passe .. et finalement .. cette même minorité sait que le seul moyen d’être respecté .. c’est en affichant une fierté intelligente de ce que nous sommes ..
Moi je ne méprise personne .. mais je sais que je dois me faire respecter .. « by any means necessary » .. -
Sabra et Chatila : les tueurs parlent.
Jeudi 16 septembre 1982, à Beyrouth, des groupes de miliciens chrétiens attaquent la population des camps palestiniens. C’est le plus grand massacre de civils de la guerre du Liban. Pour la première fois, un film livre le récit des assassins. Un document exceptionnel
« Voilà... c’est le cercle. » Sur un tableau en papier, dans une lumière rouge crépusculaire, une main dessine au feutre un cercle fermé. Tout autour, avec l’application d’un cadre qui expliquerait une méthode de gestion, l’homme place une série de petits points : « Nous étions là. » Le cercle, c’est le camp palestinien de Sabra ; les points, les miliciens qui ont encerclé et investi Sabra et Chatila, où ils ont massacré des civils, hommes, femmes et enfants, pendant deux jours et trois nuits d’affilée. « Notre devise était : les grands, les petits, les nouveau-nés... pas de pitié ! » dit l’ancien milicien. On reste stupéfait. Pour les reporters arrivés rapidement sur les lieux, Sabra et Chatila est resté un cauchemar et un mystère. On garde le souvenir de rues pétrifiées, de maisons vides, de corps boursouflés, épars, en tas, d’humains mutilés mélangés à des animaux abattus, un camp transformé en abattoir. Le silence et, partout, cette odeur épaisse et écœurante, l’odeur de la mort, qu’on inhalait. A l’époque, le monde est profondément choqué. Combien de morts ? Neuf cents au moins, mille, plus ? Journalistes, éditorialistes, écrivains noircissent des milliers de pages, dissèquent les détails et accumulent des questions sans réponse. Vingt-trois ans après, ce film sur Sabra et Chatila raconte le crime... par ceux qui l’ont commis !
Pour comprendre, il faut se rappeler juin 1982, l’invasion du Liban par Israël, qui force des milliers de combattants de l’OLP à fuir le pays. En août 1982, Bachir Gemayel, chef des Forces libanaises, milices chrétiennes pro-israéliennes, est élu président du Liban. Le 14 septembre, il est assassiné. Le 16 septembre, au sud de Beyrouth, le massacre commence. Les tueurs ont grandi avec la guerre. Au début, en 1975, ce sont des gamins armés de fusils de chasse qui jouent à se battre, vivent de la rue et des armes et se droguent en avalant des cachets de Mandrax et de LSD : « Sorti de mon trip, je ne croyais pas à ce que j’avais fait », dit l’un d’eux. A 15 ans, une balle lui a traversé la cuisse. Son père lui offre un revolver : « Porte-le toujours. N’aie pas peur. Retourne te battre. » Ils apprennent la guerre : « Je marchais pieds nus sur les gravats pour déposer ma charge de TNT sous la barricade ennemie. J’aimais ça. Vivre ou mourir... On se foutait de tout. » Bachir Gemayel ouvre ses casernes et va transformer ces têtes brûlées en Forces libanaises. L’un des groupes s’appelle « Sadm », le groupe « Choc », avec une devise : « Là où les autre n’osent pas ». Une nuit, trois cents d’entre eux sont conduits vers un port de plaisance et une vedette israélienne. Débarquement à Haïfa pour trois mois de stage de survie. Les épreuves d’interrogatoire sont poussées à l’extrême : tabassages, jets d’eau bouillante puis glacée, électricité, supplice du pneu, la torture pour s’endurcir. L’instructeur leur projette un film sur l’Holocauste : « On s’est dit : leur cause est juste. » A Eilat, ils sont accueillis dans un camp, sur la plage, par une jolie femme complètement nue, « Nikha », un général, mitraillette en bandoulière, qui les fait courir et ramper, dévêtus et honteux, jusqu’à vomir de fatigue. De retour au Liban, avec l’élection de Gemayel, les hommes triomphent. Mais la nouvelle de l’assassinat du président - « le chef est mort ! » - les transforme en orphelins pleins de haine qui crient vengeance : « Nous étions des bombes à retardement. »
Ce sont ces « bombes » qui quittent leurs casernes le jeudi 16 septembre à 16 heures. Maroun Machaalani, l’adjoint préféré d’Elie Hobeika, chef de la sécurité, les a réunis : « On va voir les assassins de Gemayel. Ils doivent tous mourir. - Tous, tous, tous ? - Tu ne veux pas venger Bachir ?- Oui, bien sûr ! - Bien. Alors, on y va. Et pas d’états d’âme. » Les groupes et les itinéraires sont différents. Des Forces libanaises partent des casernes de l’est ou du nord de Beyrouth, d’autres viennent du Sud, constituées d’éléments de l’Armée du Liban-Sud. Un groupe se dirige vers Choueifat, prend l’autoroute jusqu’à Khaldé, coupe vers l’aéroport, jusqu’à l’ambassade du Koweït. « On a fait une halte pendant que Hobeika discutait avec des officiers juifs », raconte l’un d’eux. Ces miliciens chrétiens ne disent jamais « Israéliens », mais « juifs », et détestent leurs alliés du moment, qui leur ont fourni des camions militaires, des uniformes de l’armée israélienne et encerclent la zone avec leurs chars. Après l’ambassade, il y a des dunes de sable, le camp de Sabra et une brèche dans la clôture. Maroun, le chef, s’avance : « Allez, suivez-moi ! » Ils ont des kalachnikovs, quelques M16, beaucoup de grenades et des lance-roquettes, qu’ils n’auront pas besoin d’utiliser. Il est 18 heures, le massacre commence : « On a rencontré quelques hommes de 40 à 50 ans et on a ouvert le feu aussitôt, sans rien dire. » Ils avancent, prudents, en zigzaguant dans les ruelles. On leur a parlé de combattants palestiniens mais, à part quelques sentinelles en bordure du camp, ils ne rencontrent que des civils, les combattants sont partis et les caches d’armes enfouies ou détruites : « Les femmes sortaient en premier, se lamentaient, croyant nous apitoyer. Elles se condamnaient à mourir en premier. » Les miliciens ont des ordres clairs : « Entrez, tirez, tuez tout ce qui respire. » Ils nettoient les maisons : « On entrait dans chaque pièce, on mitraillait, hop ! Une grenade et on recommençait. » Il fait nuit et le camp résonne déjà des appels au secours : « Les gens ne criaient pas, ils beuglaient. On entendait : « Où es-tu Dieu ? Que nous arrive-t-il ? Regarde ma fille, mon mari ! » Et ils tombaient, morts. » Quelques- uns renoncent : « Ils disaient qu’on ne pouvait pas faire ça. Et ils se sont barrés. » Tous les autres avancent, méthodiquement. « Moi, je me disais : ce petit va grandir et me tuer, cette jeune fille va faire des enfants, non ! Il ne faut pas, je les tue, raconte un assaillant. Le premier, tu hésites, le deuxième est plus facile, après, c’est comme jouer aux billes. » Les Forces libanaises et l’armée israélienne ont apporté leurs bulldozers, qui, à la moindre résistance, aplatissent les maisons du camp. On rafale tout, les hommes, les chiens, les rats et les chevaux : « Les chevaux morts... Pourquoi ? Cette image m’a marqué », dit un milicien. Dans la nuit noire, après une méprise sanglante, les assaillants demandent aux Israéliens d’éclairer le camp et les soldats tirent des fusées éclairantes jusqu’à 5 heures du matin. A l’aube, les hommes, épuisés, soufflent, défoncent des épiceries, mangent des biscuits et boivent des jus de fruits. Les renforts arrivent : « Je commandais une grosse unité vers le Chouf. Mes hommes s’entraînaient sur des murs. Mais un mur, ça ne crie pas, ça ne meurt pas. Le secret à la guerre, c’est de voir du sang. J’ai dit à mes hommes : « Allez-y ! Exercez-vous ! » » Les nouveaux arrivants découvrent l’ampleur du massacre : « Autant de morts en quelques heures, j’étais surpris. Il y avait des femmes nues, mortes, les mains coupées, la cervelle éclatée. » Et ils reprennent la tâche. Meurtres, vols et viols : « Il y avait une jeune Palestinienne, blonde, en foulard. Elle suppliait, criait qu’elle était vierge. Un des nôtres lui a arraché ses vêtements, s’est acharné sur elle, puis il l’a liquidée. Nous, on rigolait. » Avec la fièvre, tuer ne suffit plus, il faut torturer : « J’ai mis un homme contre le mur de sa chambre, les bras écartés et j’ai sorti mon couteau. Je lui ai passé sur la gorge et je lui ai déboîté les bras. Mourir d’une balle, c’est rapide, ce n’est rien. Avec le couteau, il meurt deux ou trois fois. »
Au deuxième jour, un ordre arrive : « Achevez les blessés. Et débarrassez-vous des cadavres. » Un bulldozer a creusé une grande fosse à l’entrée du camp. On fait défiler les hommes à gauche, les femmes à droite. Chacun doit pousser dans la fosse le cadavre de celui qui le précède, avant d’être exécuté à son tour, par balles ou au couteau : « Un homme égorgeait à la chaîne. Dans la vie, il était boucher. Un boeuf, un homme, pour lui, c’était normal. Moi, j’ai failli vomir. » Les Israéliens ont fourni des bâches en plastique pour transporter et recouvrir les cadavres, devenus encombrants. Certains sont brûlés ou aspergés de produit chimique. Elie Hobeika passe, félicite ses hommes : « Bon travail, les gars ! » A la sortie du camp, le groupe « Choc » et des éléments de l’ALS poussent des colonnes de Palestiniens, « comme des moutons », pour les regrouper à la Cité sportive : le massacre continue. A l’image, les témoignages précis se recoupent, mais on ne voit pas le visage de ceux qui racontent. Le regretter, c’est méconnaître le Liban d’hier et d’aujourd’hui. « Si je parle à découvert, je suis mort dans la minute, moi et ma famille », dit l’un d’eux. L’enquête a été dure. Les cinq premiers témoins approchés ont été aussitôt arrêtés et dissuadés de parler. Les auteurs du film, un éditeur chiite libanais qui a grandi près de Sabra et une Allemande en voyage à l’époque en Israël, ont dû tout recommencer, dans la clandestinité, et retrouver six nouveaux témoins. L’enquête porte sur les origines du massacre, sur ses objectifs - nettoyer le camp mythique palestinien et le remettre à l’armée libanaise -, mais s’arrête avant les décisions d’état-major. Quant à l’implication israélienne, on sait que les manifestations à Tel-Aviv ont abouti à la démission de Sharon, alors ministre de la Défense responsable de la zone concernée. Reste l’analyse de la « banalité du mal » sur ces miliciens qui n’ont aucun regret, ou si peu. L’un d’eux fait parfois des cauchemars et un autre revoit de temps en temps « l’étreinte de cette famille, un homme et une femme, tenant serrés leurs trois enfants, tous morts ». Les autres, pour la plupart, restent indifférents, sans tourments et sans jugement, réinsérés dans le quotidien. L’un d’eux est même prêt à décrire les sévices infligés, en détail et avec un plaisir évident. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a refusé toute enquête, et le Liban, en 1991, a proclamé l’amnistie générale. Et l’amnésie. Reste ce film, document extraordinaire, extraordinairement maltraité, projeté en catimini dans une poignée de salles en France. A voir d’urgence, si on le peut, avant le retour du grand silence.
Jean-Paul Mari -
La 28e commémoration du massacre de Sabra et Chatila
À l'occasion de la 28e commémoration du massacre de Sabra et Chatila, une délégation européenne s'est rendue au camp palestinien de Bourj el-Chémali, en signe de solidarité. La délégation a été reçue par le responsable du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), Abou Ihab, et par un certain nombre de dirigeants dont le représentant de l'Autorité palestinienne au Liban, Abdallah Abdallah.
Dans un mot de remerciement, Abou Ihab a salué "l'attitude solidaire de la délégation européenne envers les deux peuples libanais et palestinien, dans leur lutte contre le terrorisme et les massacres israéliens, en particulier celui de Sabra et Chatila, de Cana et de Jennine".
Une haine qui perdure Encore aujourd’hui, le Hurras al-Arz (Gardiens des Cèdres) se vante de son rôle dans le carnage. Moins de deux semaines avant le massacre, le parti a lancé un appel pour la confiscation de tous les biens au Liban appartenant à des Palestiniens, l’interdiction pour eux de posséder une maison et la destruction de tous les camps de réfugiés.
La déclaration du parti du 1er septembre 1982, déclare : « Il faut prendre des mesures pour réduire le nombre de réfugiés palestiniens au Liban, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun Palestinien sur notre sol. »
En 1982, certains partis politiques parlaient des Palestiniens comme de « microbes qui doivent être exterminés » et on pouvait lire sur les murs des graffitis tels que « le devoir de tout Libanais est de tuer un Palestinien » - la même haine qui est couramment exprimée aujourd’hui dans la Palestine occupée par les colons, les rabbins et les politiciens extrémistes.
L’appel des « Gardiens » pour une interdiction aux Palestiniens de posséder des biens a été concrétisé en 2001 par une loi rédigée par l’actuel ministre du Travail libanais qui a promis le 1er septembre 2010 que « le Parlement ne permettra jamais aux réfugiés palestiniens de posséder des biens. » L’état d’esprit qui a permis le massacre de Sabra et Chatila en 1982 est pratiquement le même en 2010, tandis que le Liban refuse de céder aux appels de la communauté internationale d’accorder aux survivants des massacres leurs droits civiques élémentaires.
Certains, qui ont examiné les sites internet en Arabe et observé les rassemblements des partis politiques impliqués dans les massacres de 1982, affirment qu’aujourd’hui le langage de haine est pire encore et qu’il est employé pour forcer le Parlement à nier les droits civiques aux Palestiniens.
Jerusalemplus Guysen-news -
l’hymne de la Ligue des Champions
Ce sont les meilleures équipes
Sie sind die allerbesten Mannschaften
The main eventDie Meister, Die Besten, Les Grandes Equipes, The Champions
Une grande réunion
Eine grosse sportliche Veranstaltung
The main eventIls sont les meilleurs
Sie sind die besten
These are the championsDie Meister, Die Besten, Les Grandes Equipes, The Champions
Die Meister, Die Besten, Les Grandes Equipes, The ChampionsTony Britten 1992
C'est un arrangement d'un hymne composé par Georg Friedrich Haendel en 1727 pour le couronnement du roi de Grande-Bretagne George II, Zadok the Priest. Il est interprété par le Royal Philharmonic Orchestra et par les chœurs de l'Academy of St. Martin in the Fields. Les paroles sont déclamées dans les trois langues officielles de l'UEFA, à savoir l'anglais, le français et l'allemand.
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Maldini 3rd generataion
après Cesare et Paolo

la Maldini 3rd generation arrive
christian joue déjà avec les - 15


et Daniele avec les moins 10 ans

to be continued ...
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Roms et gens du voyage : l’histoire d’une persécution transnationale
jeudi 29 juillet 2010
Roms et gens du voyage : l’histoire d’une persécution transnationale
« Comment se fait-il que l’on voie dans certains de ces campements tant de si belles voitures, alors qu’il y a si peu de gens qui travaillent ? » (1) Tels étaient les mots de M. Nicolas Sarkozy en 2002, alors qu’il était ministre de l’intérieur et fermement décidé à traiter le « problème rom ». Suite à ces déclarations, de nombreux camps roms sont démantelés, sous prétexte de l’illégalité de leur présence sur le territoire français. Mais, rapidement rattrapé par « une procédure à laquelle personne ne comprend rien » (2), M. Sarkozy fait alors de la « question rom » une affaire personnelle (3), multipliant les démantèlements de bidonvilles (4) et les accords bilatéraux de contrôle, notamment avec la Roumanie. Le motif de l’illégalité de présence s’efface au profit de celui de la criminalité et pose les Roms comme une population extrêmement problématique, nourrissant le débat sécuritaire qui se développe en France depuis les années 2000.
Les événements de Saint-Aignan – l’attaque d’une gendarmerie par des jeunes de la communauté rom (5), suite à la mort d’un jeune homme de 22 ans, Luigi Duquenet, abattu par les gendarmes dans la nuit du 16 au 17 juillet après avoir forcé un barrage – font resurgir le dossier de façon explosive. Au point que M. Sarkozy organise le 28 juillet une réunion spéciale à l’Elysée sur « les Roms et les Gens du Voyage », soulevant une forte indignation dans les associations et les communautés visées.
L’amalgame fait par le président de la République entre les gens du voyage et les Roms (6), autant critiqué par le monde associatif que par les chercheurs, et fortement contesté par les Roms et les gens du voyage eux-mêmes, met à jour une affaire délicate. En témoigne la multiplicité des dénominations qui existent au sein de l’Europe pour désigner ces populations (7).
Car, si les gens du voyage sont pour la plupart des citoyens français dont le mode de vie reste difficile à saisir, notamment de par leur mobilité, les Roms sont quant à eux des migrants, provenant essentiellement d’Europe centrale et des Balkans. Le regroupement hasardeux de ces deux populations dans des politiques publiques homogènes, qu’elles soient d’accueil ou sécuritaires, renforce d’autant plus cet amalgame. Les gens du voyage semblent confrontés au problème majeur de la différence et de l’altérité au sein des sociétés sédentaires, tandis que les Roms s’inscrivent dans une problématique d’immigration et de circulation au sein de l’Union européenne, fuyant la discrimination et la misère qu’ils subissent dans leur pays d’origine (8).
La réunion de ces deux populations sous le signe d’une apparente délinquance commune laisse entrevoir un durcissement de la répression en France. De nombreux exemples, à l’extérieur de nos frontières, montrent déjà des situations plus que dramatiques. En 2006, le parti politique bulgare Ataka, porté par Volen Siderov, n’hésite pas à faire campagne sur les Roms et en appeler à « transformer les Tziganes en savon » (9). L’anti-tziganisme gagne peu à peu du terrain eu Europe, comme en témoignent les expéditions punitives dans les bidonvilles de Naples et de Rome (10) en 2008. Toujours en Italie, les actes racistes et romophobes sont quotidiens : un tract appelait, en mai 2008, au « lancement de la saison… de la chasse aux animaux sauvages migrateurs comme les Roumains, les Albanais, les Kosovars, les Musulmans, les Afghans, les Tziganes et les extra-communautaires en général ».
Le désordre français est à l’image de celui qui existe dans le contexte européen. Roms et gens du voyage restent des boucs émissaires et sont l’objet de persécutions transnationales. Prétendant faciliter la libre circulation de ses citoyens, l’Europe semble paradoxalement se replier et se refermer sur elle-même lorsqu’il s’agit de la minorité rom (11).
Céline BergeonDoctorante à l’université de Poitiers, laboratoire Migrinter.
(1) Nicolas Sarkozy, Assemblée Nationale, 10 juillet 2002.
(2) « 29 Roms de nouveau expulsables », Le Figaro, 9 décembre 2002.
(3) Lire « Sarkozy, les médias et l’invention de la “mafia roumaine” », par Caroline Damiens, Les mots sont importants, avril 2005.
(4) Citons entre autres les expulsions du bidonville de Voie des Roses à Choisy (3 décembre 2002) ; Achères (6 mars 2003) ; La Briche, Saint-Denis (27 mars 2003) ; Montreuil (16 avril 2003) ; l’Industrie, Saint-Denis (28 avril 2003).
(5) « Violente attaque d’une gendarmerie dans le Loir-et-Cher, » Le Monde, 20 juillet 2010.
(6) « Gens du Voyage : les amalgames du gouvernement », Le Monde, 21 juillet 2010 ; « Roms et gens du voyage, briser l’engrenage de la violence », Le Monde, 27 juillet 2010.
(7) « Les Rroms dans le contexte des peuples européens sans territoire compact » (PDF), par Marcel Courthiade, Conseil de l’Europe, Strasbourg, 2003.
(8) « Les Roms du canal de l’Ourcq », par Marc Laimé, Carnets d’eau, 17 mai 2010.
(9) « Les Roms, “étrangers proches” des Balkans », par Laurent Geslin, juillet 2008.
(10) « Roms et gens du voyage, briser l’engrenage de la violence », Le Monde, 27 juillet 2010.
(11) « L’Europe et ses frontières paradoxales », par Philippe Rekacewicz, Visions cartographiques, 27 novembre 2006.

