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jeudi, 15 mars 2007

Le prophéte Muhammad vu par ..

"Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l'homme et l'homme à Dieu, restaurer l'idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux materiels et défigurés de l'idolatrie... Jamais homme n'accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècle après sa prédication, l' islamisme, préché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait à l'Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, l'Inde occidentale, la Syrie, l'Egypte, l'Ethiopie, tout le continent connu de l'Afrique septentrionale, plusieurs iles de la méditerannée, l'Espagne et une partie de la Gaule.

Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l'immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n'ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n'ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances materielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des legislations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d'hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélèbile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immateriel...

Philosophe, orateur, apôtre, legislateur, guerrier, conquerant d'idées, restaurateur de dogmes rationels, d'un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d'un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les echelles où l'on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?..."

Lamartine, Paris 1854

 

“Je voulais mieux connaître la vie de [Mahomet] celui qui aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains.

“Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission.

“Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès, et lui permirent de surmonter les problèmes.“
-

Mohandas Karamchand Gandhi

 

 

 

15:48 Écrit par petitprince dans sagesse | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook

Commentaires

Bonjour :)
Ou as-tu trouvé celle de Lamartine? Merci

Thanks for sharing!

Écrit par : Emina | jeudi, 15 mars 2007

@emira : voici une des source http://www.uoif-online.com/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=433

Écrit par : maxula | jeudi, 15 mars 2007

merci Maxula pour ces deux textes, pour cet homme qui est mort dans la pauvreté alors que s'il l'aurait voulu, il aurait pu finir ces jours comme Ampereur.

Écrit par : Téméraire | jeudi, 15 mars 2007

merci Maxula pour ces deux textes, pour cet homme qui est mort dans la pauvreté alors que s'il l'aurait voulu, il aurait pu finir ces jours comme Empereur.

Écrit par : Téméraire | jeudi, 15 mars 2007

@emina : oops désolé je m'étais trompé de prénom

Écrit par : maxula | jeudi, 15 mars 2007

j ai apprecié ce post , mallgrés ue je connais ces ecris

Écrit par : TUNISIENDOCTOR | jeudi, 15 mars 2007

merci à tous

Écrit par : maxula | jeudi, 15 mars 2007

Il faut lire le verset 17 de la sourate 8 pour comprendre que c'est Dieu qui a fait tout cela . C'est une règle qu'il faut bien retenir .

Écrit par : arab | jeudi, 15 mars 2007

Mohamed etait un psychotique qui souffrait d'hallucinations et était en coupure avec la réalité. C'était un homme politique et militaire avant tout. Il éatait des fois très violent et changeait d'avis selon les interêts strategiques et politiques du moment. Il n'hesitait pas à tuer ses opposants, son "secretaire" qui mit en doute l'origine "divine" de ses paroles, sans oublier le massacre des juifs à medine.
Arrêtez d'avaler les conneries sur sa bonté extrême et qui contredit totalement ses actes et ses conquêtes politiques et militaires

Écrit par : Cheers | vendredi, 16 mars 2007

Tiens un cafard se pointe sur ce blog .
Y en a qui ont besoin de se renseigner sur le rôle des juifs de médine à l'époque du prophète saws .

Gardes tes conseils pour toi ya kafer ! Va jouer avec tes frères évangélistes et fous nous la paix, on a pas besoins des baveux de ton espèce . Tfouhes 3Alik ya kaleb !

Écrit par : arab | vendredi, 16 mars 2007

Mon petit Cheers, je doute ces derniers temps de beaucoup de choses, peux-tu me donner des preuves de ce que tu dis.
A défaut mon petit, c'est toi le psychotique imbimé de haine et d'hallucinations anti-islamique.

Écrit par : Téméraire | vendredi, 16 mars 2007

@témé

il donnera rien .. on peut pas prouver l'absurde ... déjà s'il était bien ce cheers il ne se serait pas déguisé pour commenter

mais que veux-tu inna allaha yahdi man yachaae

Écrit par : maxula | vendredi, 16 mars 2007

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«Jusqu'à ce jour il n'est pas un homme qui puisse se comparer à Mahomet.»

« Et c'est une oeuvre immense Que Mahomet a accomplie; Par le seul concept de l'Unique. Il a soumis l'univers entier.»

(Goethe)
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Écrit par : mohamed | vendredi, 30 mars 2007

« Le miracle par excellence de l'islam c'est le Coran... Comment un livre aussi merveilleux aurait pu être l'oeuvre de Mahomet un Arabe illettré... Le Coran ne pouvait être l'oeuvre d'un homme sans instruction... A moins qu'il n'ait eu l'aide d'Allah Tout Puissant.»

(Docteur Laura V. Valgieri)
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«J'ai toujours eu une grande estime pour la religion prêchée par Mahomet parce qu'elle déborde d'une vitalité merveilleuse. Elle est la seule religion qui me paraît contenir le pouvoir d'assimiler la phase changeante de l'existence-pourvoir qui peut la rendre si alléchante à toute période. J'ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d'être un antéchrist, il doit être appelé le sauveur de l'humanité. Je crois que si un homme comme lui prenait la dictature du monde moderne, il réussirait à résoudre ses problèmes d'une façon qui lui apporterait la paix et le bonheur si nécessaires. J'ai prophétisé sur la foi de Mahomet, qu'elle sera acceptable à l'Europe de demain, comme elle commence à devenir acceptable à l'Europe d'aujourd'hui.»

(Georges Bernard Shaw)

------
Tolstoi, le fameux écrivain russe, a dit: «Mouhamed ne s’est pas prétendu le seul prophète, il affirmait aussi
que Moïse et Jésus étaient également des prophètes. Il pensait que les Juifs et les Chrétiens ne devaient pas être obligés
d’abandonner leurs fois. Un des mérites de l’Islam est de se montrer de bonne volonté envers les Chrétiens, les Juifs et
leurs religieux.»
-----
Le Mahatma Ghandi, le guide Indien suprême, a dit: «J’ai versé des torrents de larmes quand j’ai lu la vie de Mouhamed,
ce grand prophète. Comment quelqu’un comme moi, qui cherche la vérité, ne baisserait-il pas la tête devant ce caractère
qui n’a œuvré qu’au bien de l’humanité?»
------
“Ce n’est pas la propagation mais la permanence de sa religion qui mérite notre émerveillement; la même impression, pure et parfaite, qu’il laissa à la Mecque et à Médine, se retrouve, après douze siècles, chez les Indiens, les Africains et les Turcs, prosélytes du Coran...Les Musulmans ont su résister, uniformément, à la tension de réduire l’objet de leur foi et de leur dévotion au niveau des sens et de l’imagination de l’homme. “Je crois en Un seul Dieu et en Mohammad, son prophète”; ceci enferme la profession de Foi de l’Islam, de façon simple et invariable. L’image intellectuelle de la Divinité ne s’est jamais vue dégradée par une idole, quelle qu’elle soit; les hommages rendus au prophète n’ont jamais franchi la mesure de la vertu humaine; ses préceptes vivants ont restreint la gratitude de ses disciples dans les limites de la raison et de la religion.“

Edward Gibbon et Siomn Ocklay
History of The Saracen Empire
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“Il était César et le pape réunis en un seul être; mais il était le Pape sans avoir les prétentions du Pape,
et César sans avoir les légions de César: Sans armée, sans garde du corps, sans palais et sans revenu fixe;
s’il y a un homme qui a le droit de dire qu’il règne par la volonté divine, se serait Mohammad, puisqu’il a tout l
e pouvoir sans avoir les instruments ni les supports.”

Bosworth Smith,
Mohammad and Mohammadanism,
Londres, 1874, p.92

Écrit par : mohamed | vendredi, 30 mars 2007

« Le miracle par excellence de l'islam c'est le Coran... Comment un livre aussi merveilleux aurait pu être l'oeuvre de Mahomet un Arabe illettré... Le Coran ne pouvait être l'oeuvre d'un homme sans instruction... A moins qu'il n'ait eu l'aide d'Allah Tout Puissant.»

(Docteur Laura V. Valgieri)
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«J'ai toujours eu une grande estime pour la religion prêchée par Mahomet parce qu'elle déborde d'une vitalité merveilleuse. Elle est la seule religion qui me paraît contenir le pouvoir d'assimiler la phase changeante de l'existence-pourvoir qui peut la rendre si alléchante à toute période. J'ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d'être un antéchrist, il doit être appelé le sauveur de l'humanité. Je crois que si un homme comme lui prenait la dictature du monde moderne, il réussirait à résoudre ses problèmes d'une façon qui lui apporterait la paix et le bonheur si nécessaires. J'ai prophétisé sur la foi de Mahomet, qu'elle sera acceptable à l'Europe de demain, comme elle commence à devenir acceptable à l'Europe d'aujourd'hui.»

(Georges Bernard Shaw)

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Tolstoi, le fameux écrivain russe, a dit: «Mouhamed ne s’est pas prétendu le seul prophète, il affirmait aussi
que Moïse et Jésus étaient également des prophètes. Il pensait que les Juifs et les Chrétiens ne devaient pas être obligés
d’abandonner leurs fois. Un des mérites de l’Islam est de se montrer de bonne volonté envers les Chrétiens, les Juifs et
leurs religieux.»
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Le Mahatma Ghandi, le guide Indien suprême, a dit: «J’ai versé des torrents de larmes quand j’ai lu la vie de Mouhamed,
ce grand prophète. Comment quelqu’un comme moi, qui cherche la vérité, ne baisserait-il pas la tête devant ce caractère
qui n’a œuvré qu’au bien de l’humanité?»
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“Ce n’est pas la propagation mais la permanence de sa religion qui mérite notre émerveillement; la même impression, pure et parfaite, qu’il laissa à la Mecque et à Médine, se retrouve, après douze siècles, chez les Indiens, les Africains et les Turcs, prosélytes du Coran...Les Musulmans ont su résister, uniformément, à la tension de réduire l’objet de leur foi et de leur dévotion au niveau des sens et de l’imagination de l’homme. “Je crois en Un seul Dieu et en Mohammad, son prophète”; ceci enferme la profession de Foi de l’Islam, de façon simple et invariable. L’image intellectuelle de la Divinité ne s’est jamais vue dégradée par une idole, quelle qu’elle soit; les hommages rendus au prophète n’ont jamais franchi la mesure de la vertu humaine; ses préceptes vivants ont restreint la gratitude de ses disciples dans les limites de la raison et de la religion.“

Edward Gibbon et Siomn Ocklay
History of The Saracen Empire
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“Il était César et le pape réunis en un seul être; mais il était le Pape sans avoir les prétentions du Pape,
et César sans avoir les légions de César: Sans armée, sans garde du corps, sans palais et sans revenu fixe;
s’il y a un homme qui a le droit de dire qu’il règne par la volonté divine, se serait Mohammad, puisqu’il a tout l
e pouvoir sans avoir les instruments ni les supports.”

Bosworth Smith,
Mohammad and Mohammadanism,
Londres, 1874, p.92

Écrit par : mohamed | vendredi, 30 mars 2007

“Il est impossible, pour quelqu’un qui étudie la vie et le caractère du grand Prophète d’Arabie, pour quelqu’un qui sait comment il enseignait et de quelle façon il vivait, d’avoir d’autre sentiment que le respect pour ce prophète prodigieux, l’un des grands messagers de l’Etre Suprême. Même si mes discours contiennent bien des choses qui sont familières à beaucoup d’entre vous, chaque fois que moi-même je les relis, je sens monter en moi une nouvelle vague d’admiration, un nouveau sentiment de révérence, pour ce prodigieux grand maître arabe.“

Annie Besant,
The Life And Teachings of Mohammad.
Madras, 1932, p.4.

Écrit par : mohamed | vendredi, 30 mars 2007

“Certains lecteurs seront peut-être étonnés de me voir placer Mohammad en tête des personnalités ayant exercé le plus
d’influence en ce monde, et d’autres contesteront probablement mon choix. Cependant, Mohammad est le seul homme au monde
qui ait réussi par excellence sur les plans: religieux et séculier.“

Michael H. Hart, The 100: A Ranking of the Most Influential Persons in History (Un classement des plus influentes personnalités de l'Histoire)
New-York: Hart Publishing Co. Inc. 1978 p. 33.

Écrit par : mohamed | vendredi, 30 mars 2007

@ mohammed : merci beaucoup

Écrit par : maxula | vendredi, 30 mars 2007

la mort de mohamed d'aprés victor hugo


L’AN NEUF DE L’HEGIRE

Comme s’il pressentait que son heure était proche,

Grave, il ne faisait plus à personne une reproche ;

Il marchait en rendant aux passants leur salut ;

On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu’il eût

A peine vingt poils blancs à sa barbe encore noire ;

Il s'arrêtait parfois pour voir les chameaux boire,

Se souvenant du temps qu’il était chamelier.

Il semblait avoir vu l’Eden, l’âge de d’amour,

Les temps antérieurs, l’ère immémoriale.

Il avait le front haut, la joue impériale,

Le sourcil chauve, l’œil profond et diligent,

Le cou pareil au col d’une amphore d’argent,

L’air d’un Noé qui sait le secret du déluge.

Si des hommes venaient le consulter, ce juge

Laissait l’un affirmer, l’autre rire et nier,

Ecoutait en silence et parlait le dernier.

Sa bouche était toujours en train d’une prière ;

Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre ;

Il s’occupait de lui-même à traire ses brebis ;

Il s’asseyait à terre et cousait ses habits.

Il jeûnait plus longtemps qu’autrui les jours de jeûne,

Quoiqu’il perdît sa force et qu’il ne fût plus jeune.

A soixante-trois ans une fièvre le prit.

Il relut le Coran de sa main même écrit,

Puis il remit au fils de Séid la bannière,

En lui disant : " Je touche à mon aube dernière.

Il n’est pas d’autre Dieu que Dieu. Combats pour lui. "

Et son œil, voilé d’ombre, avait ce morne ennui

D’un vieux aigle forcé d’abandonner son aire.

Il vint à la mosquée à son heure ordinaire,

Appuyé sur Ali le peuple le suivant ;

Et l’étendard sacré se déployait au vent.

Là, pâle, il s’écria, se tournant vers la foule ;

" Peuple, le jour s’éteint, l’homme passe et s’écroule ;

La poussière et la nuit, c’est nous. Dieu seul est grand.

Peuple je suis l’aveugle et suis l’ignorant.

Sans Dieu je serais vil plus que la bête immonde. "

Un cheikh lui dit : " o chef des vrais croyants ! le monde,

Sitôt qu’il t’entendit, en ta parole crut ;

Le jour où tu naquit une étoile apparut,

Et trois tours du palais de Chosroès tombèrent. "

Lui, reprit : " Sur ma mort les Anges délibèrent ;

L’heure arrive. Ecoutez. Si j’ai de l’un de vous

Mal parlé, qu’il se lève, ô peuple, et devant tous

Qu’il m’insulte et m’outrage avant que je m’échappe ;

Si j’ai frappé quelqu’un, que celui-là me frappe. "

Et, tranquille, il tendit aux passants son bâton.

Une vieille, tondant la laine d’un mouton,

Assise sur un seuil, lui cria : " Dieu t’assiste ! "

Il semblait regarder quelque vision triste,

Et songeait ; tout à coup, pensif, il dit : " voilà,

Vous tous, je suis un mot dans la bouche d’Allah ;

Je suis cendre comme homme et feu comme prophète.

J’ai complété d’Issa la lumière imparfaite.

Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur.

Le soleil a toujours l’aube pour précurseur.

Jésus m’a précédé, mais il n’est pas la Cause.

Il est né d’une Vierge aspirant une rose.

Moi, comme être vivant, retenez bien ceci,

Je ne suis qu’un limon par les vices noirci ;

J’ai de tous les péchés subi l’approche étrange ;

Ma chair a plus d’affront qu’un chemin n’a de fange,

Et mon corps par le mal est tout déshonoré ;

O vous tous, je serais bien vite dévoré

Si dans l’obscurité du cercueil solitaire

Chaque faute engendre un ver de terre.

Fils, le damné renaît au fond du froid caveau

Pour être par les vers dévoré de nouveau ;

Toujours sa chair revit, jusqu’à ce que la peine,

Finie ouvre à son vol l’immensité sereine.

Fils, je suis le champ vil des sublimes combats,

Tantôt l’homme d’en haut, tantôt l’homme d’en bas,

Et le mal dans ma bouche avec le bien alterne

Comme dans le désert le sable et la citerne ;

Ce qui n’empêche pas que je n’aie, ô croyants !

Tenu tête dans l’ombre au x Anges effrayants

Qui voudraient replonger l’homme dans les ténèbres ;

J’ai parfois dans mes poings tordu leurs bras funèbres ;

Souvent, comme Jacob, j’ai la nuit, pas à pas,

Lutté contre quelqu’un que je ne voyais pas ;

Mais les hommes surtout on fait saigner ma vie ;

Ils ont jeté sur moi leur haine et leur envie,

Et, comme je sentais en moi la vérité,

Je les ai combattus, mais sans être irrité,

Et, pendant le combat je criais : " laissez faire !

Je suis le seul, nu, sanglant, blessé ; je le préfère.

Qu’ils frappent sur moi tous ! Que tout leur soit permis !

Quand même, se ruant sur moi, mes ennemis

Auraient, pour m’attaquer dans cette voie étroite,

Le soleil à leur gauche et la lune à leur droite,

Ils ne me feraient point reculer ! " C’est ainsi

Qu’après avoir lutté quarante ans, me voici

Arrivé sur le bord de la tombe profonde,

Et j’ai devant moi Allah, derrière moi le monde.

Quant à vous qui m’avez dans l’épreuve suivi,

Comme les grecs Hermès et les hébreux Lévi,

Vous avez bien souffert, mais vous verrez l’aurore.

Après la froide nuit, vous verrez l’aube éclore ;

Peuple, n’en doutez pas ; celui qui prodigua

Les lions aux ravins du Jebbel-Kronnega,

Les perles à la mer et les astres à l’ombre,

Peut bien donner un peu de joie à l’homme sombre. "

Il ajouta ; " Croyez, veillez ; courbez le front.

Ceux qui ne sont ni bons ni mauvais resteront

Sur le mur qui sépare Eden d’avec l’abîme,

Etant trop noirs pour Dieu, mais trop blancs pour le crime ;

Presque personne n’est assez pur de péchés

Pour ne pas mériter un châtiment ; tâchez,

En priant, que vos corps touchent partout la terre ;

L’enfer ne brûlera dans son fatal mystère

Que ce qui n’aura point touché la cendre, et Dieu

A qui baise la terre obscure, ouvre un ciel bleu ;

Soyez hospitaliers ; soyez saints ; soyez justes ;

Là-haut sont les fruits purs dans les arbres augustes,

Les chevaux sellés d’or, et, pour fuir aux sept dieux,

Les chars vivants ayant des foudres pour essieux ;

Chaque houri, sereine, incorruptible, heureuse,

Habite un pavillon fait d’une perle creuse ;

Le Gehennam attend les réprouvés ; malheur !

Ils auront des souliers de feu dont la chaleur

Fera bouillir leur tête ainsi qu’une chaudière.

La face des élus sera charmante et fière. "

Il s’arrêta donnant audience à l’espoir.

Puis poursuivant sa marche à pas lents, il reprit :

" O vivants ! Je répète à tous que voici l’heure

Où je vais me cacher dans une autre demeure ;

Donc, hâtez-vous. Il faut, le moment est venu,

Que je sois dénoncé par ceux qui m’ont connu,

Et que, si j’ai des torts, on me crache aux visages. "

La foule s’écartait muette à son passage.

Il se lava la barbe au puits d’Aboufléia.

Un homme réclama trois drachmes, qu’il paya,

Disant : " Mieux vaut payer ici que dans la tombe. "

L’œil du peuple était doux comme un œil de colombe

En le regardant cet homme auguste, son appui ;

Tous pleuraient ; quand, plus tard, il fut rentré chez lui,

Beaucoup restèrent là sans fermer la paupière,

Et passèrent la nuit couchés sur une pierre

Le lendemain matin, voyant l’aube arriver ;

" Aboubékre, dit-il, je ne puis me lever,

Tu vas prendre le livre et faire la prière. "

Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ;

Il écoutait pendant qu’Aboubékre lisait,

Et souvent à voix basse achevait le verset ;

Et l’on pleurait pendant qu’il priait de la sorte.

Et l’Ange de la mort vers le soir à la porte

Apparut, demandant qu’on lui permît d’entrer.

" Qu’il entre. " On vit alors son regard s’éclairer

De la même clarté qu’au jour de sa naissance ;

Et l’Ange lui dit : " Dieu désire ta présence.

- Bien ", dit-il. Un frisson sur les tempes courut,

Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.


Victor Hugo, le 15 janvier 1858.
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Écrit par : mohamed | vendredi, 30 mars 2007

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